Partenaires

CNRS Universite Grenoble Alpes UPS LaNEF INSA TOULOUSE EMFL NEXT

Accueil


Accueil du site > Production scientifique > Actualités > Produire des jets d’étoiles en laboratoire > Produire des jets d’étoiles en laboratoire

English

Produire des jets d’étoiles en laboratoire

Seulement observés depuis 1918, les jets astrophysiques sont d’étroits pinceaux de matière qui émergent avec force d’objets astrophysiques aussi variés que les étoiles jeunes ou les galaxies et qui peuvent se propager sur de très grandes distances. Vus initialement comme des phénomènes purement spectaculaires, ces objets omniprésents dans l’univers sont maintenant soupçonnés de jouer un rôle crucial dans la formation des étoiles et de leur évolution. En effet, si les jets ne contribuaient pas à soustraire du moment cinétique au système en cours d’accrétion, un objet central agrégeant de la masse ne pourrait se former pour donner naissance à une étoile. En perturbant l’environnement qu’ils traversent, les jets peuvent aussi contribuer à la formation d’étoiles dans les régions proches de leur trajectoire. Mais les jets se sont également avérés constituer des balises extrêmement utiles permettant de détecter des objets éloignés dans l’univers, comme des étoiles en formation nichées au sein de nuages moléculaires géants et qui ne pourraient être découvertes autrement. Malgré cela, ils restent parmi les phénomènes les plus mystérieux de l’astronomie moderne.

Dans ce contexte, en créant récemment en laboratoire, à l’aide de lasers de puissance et de champs magnétiques, des jets de matière très collimatés, une équipe de chercheurs du CNRS et de l’UPMC a mis en lumière les mécanismes de formation de jets astrophysiques nés d’étoiles jeunes et de leur disque d’accrétion. En combinant les observations faites en laboratoire avec des modélisations numériques astrophysiques, ils ont notamment montré que le mécanisme physique à l’origine de la collimation des jets sur de très grandes distances pouvait s’expliquer par la présence de champs magnétiques sur de larges échelles spatiales. Ces résultats, qui viennent d’être publiés dans le magazine « Science », permettent non seulement de mieux comprendre la formation des jets, mais aussi la présence de zones très fortement émettrices de rayons X au sein des jets, observations astronomiques faites par le télescope spatial « CHANDRA » et qui restaient jusqu’à présent incomprises.

 

Ces résultats sont le fruit d’une collaboration entre le LULI de Palaiseau, le LNCMI de Toulouse, le LERMA de Paris et des collaborateurs internationaux dans un effort interdisciplinaire qui a vu notamment l’élaboration d’un dispositif expérimental de conception unique qui a fait l’objet d’une prise de brevet.

http://www.sciencemag.org/lookup/doi/10.1126/science.1259694

http://www2.cnrs.fr/presse/communique/3773.htm